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Interview Céline Naissant

Interview Céline Naissant
11 mars 2017 N.
dans Interviews, Unes

Aujourd’hui, c’est la très belle et très enthousiasmante Céline Naissant que nous interviewons ! Si vous êtes souvent aux vegan places ou si vous militez, vous la connaissez sans doute déjà. Mais si ce n’est pas encore le cas, vous allez sans doute adorer cet être humain pas tout à fait comme les autres ! Rencontre.

Bonjour Céline, peux-tu nous parler un peu de ton parcours vers le véganisme ?

Bonjour Veggiebulle ! Je crois qu’il y avait une disposition à ce que je devienne végane. Depuis toute petite, la nature animale non humaine me fascine. Je passais des heures à les regarder, à les protéger… parfois mal, comme mettre des escargots dans des placards de cuisine pour qu’ils ne se retrouvent pas sous une pluie battante… parfois avec réactivité et perspicacité. Pourtant, je ne faisais aucun lien entre ces terriens et mon assiette. Chose que je ne me reproche en rien, car petits, nous sommes conditionnés à cette dissonance.

J’étais même vorace avec l’alimentation carnée. J’ai décimé des troupeaux de vaches, de moutons et cochons à moi seule, des bancs entiers de poissons, des assiettes pleines d’autres corps ou de sécrétions agrémentés d’herbes et de poivre. J’ai même fait le régime Dukan ! Avec plaisir et envie puisqu’il propose un banquet auquel je me délectais. Jeune adulte, limite goguenarde, je disais même ne jamais devenir végétarienne à une amie qui l’était. Pour une part je disais vrai. Jamais je ne serai végétarienne.

C’est en 2012 que la fin de mon monde s’est manifestée. Même si j’avais une vague idée qu’il y avait un être dans mon assiette, je baignais dans une sorte de normalité spéciste. Sans remise en question. La pensée sur des rails et hop en avant, pas de retour en arrière et ça jusqu’à ta propre mort… C’était bon, délicieux, savoureux donc le 2e cerveau, le ventre digérait son plaisir sans aucune gêne. C’est pour cela que je ne juge personne vivant dans ce brouillard intellectuel. Je commence à m’agacer sérieusement lorsque l’on ne veut pas ouvrir ses yeux et surtout son cœur par pur égoïsme. Que l’on refuse toute information par confort, ou pire, par indifférence. Je n’ai aucun problème avec les personnes qui se réveillent à cette réalité et progressent lentement vers le véganisme, un jour ou jamais, comme je leur dis pour ne pas les angoisser.

Même si j’avais une vague idée qu’il y avait un être dans mon assiette, je baignais dans une sorte de normalité spéciste.

C’est surprenant de voir combien de personnes peuvent flipper pour maintenir leurs coutumes alimentaires alors qu’elles sont profondément bonnes, gentilles, le cœur sur la main. Ces gens sont le miroir de ce que j’ai été. C’est à ma 35e année sur cette fichue drôle de planète que j’ai compris ; compris que l’on me bernait, qu’on me berçait avec de jolies histoires. Allez mange, te pose pas de question, regarde comme ils sont heureux et bien traités. C’est illustré sur ton paquet de saucisses, même ton boucher te met en scène ta « suicide food ».

Moi qui étais en plus comparée à une « Brigitte Bardot », ça pataugeait sévère dans les méandres d’un cerveau enkysté par la graisse des « chairs amies ». Lorsque j’ai vu, après avoir milité pour des abattoirs dits « humains » – merci de ne pas vous moquer – une vidéo de L214 montrant le cru, le vrai de l’abattage bovin, j’ai eu un moment de flottement. C’est de là que vient ma viande ? C’est comme ça que je prends plaisir à être à table ? Sur la souffrance, la torture, la douleur et la mort de l’autre ? La claque qui fait te remettre en question. Qui suis-je ? Quelle personne je souhaite être pour ne pas respecter ce dicton « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » ?

Je ne snobe en rien les omnivores, je ne me sens en rien supérieure. Personne n’en veut à un petit enfant qui fait mal avec des gestes brusques. Il ne le sait même pas lui même, il n’a pas conscience du corps de son égal. C’est en lui apprenant avec parfois beaucoup de patience et d’amour qu’il devient respectueux de l’autre. C’est un peu la même chose pour les carnistes. Je l’ai été, je reviens de loin. Il y a toujours à garder la foi dans la bonté de ses proches. Ils peuvent êtres crasses, moqueurs voire même blessants à ce sujet, ils ne défendent que leur propre incohérence. Il ne faut en rien le prendre contre soi. Comme le cœur est fait pour battre et pas pour être figé, un jour l’hibernation s’arrête souvent après mille petits événements suivis d’un choc, d’une prise de conscience plus intense que les autres.

C’est la passivité, le « c’est comme ça », « on peut rien y faire », « ça ne me touche pas », « me concerne pas » que je trouve surprenant lorsque cette musique de déconnexion ronronne. Résultat, certains agissent comme des parasites sur le dos d’autres espèces. Alors je les fuis pour ma paix intérieure et l’énergie dont j’ai besoin pour faire avancer la cause. Parce qu’il est important de se protéger afin de continuer à avancer.

Tu es à l’origine de Bebee Productions ? Peux-tu nous en dire plus ?

C’est au moment de la création et lorsque j’ai monté la pièce « Peau de Vaches » jouée plusieurs mois en 2015 que j’ai fondé la compagnie « Bebee Productions ».  C’est un jeu de mots entre bibi (me, myself and I) et Bebee comme être abeille en anglais. Ce nom est un moyen de rappeler à chaque personne qui s’intègre à Bebee qu’elle fait sa part dans un domaine qui la fait vibrer. L’équipe est pour le moment constituée uniquement de femmes (nous sommes toutes véganes et antispécistes) et chacune de nous met à profit ses connaissances et ses talents pour infiltrer les consciences via l’infotainment, postulat de base. Mon but est, au delà de l’art vivant ou audio, de créer un site qui regroupe toutes les informations sur le véganisme et de retrouver également l’équipe et des infos via une chaîne YouTube – Vegan LifeStyle – Bebee Prod – : https://www.youtube.com/channel/UCSSsWvUyMadC2P6NVq0R4BQ

J’ai choisi ce média, car il est en expansion. De plus, il y a une forme de liberté sur le web qui n’existe plus à la télévision ni même dans la presse.

J’ai donc eu envie de créer une chaîne généraliste où les thèmes abordés ne sont pas emprunts de carnisme, de sexisme, de spécisme et autre isme qui « crisme ». Comme dit notre secrétaire-trésorière et scripte Karine Waldman, Bebee est un peu une projection du futur, c’est comme si ce monde n’existait déjà plus. Bien que nous parlons, si besoin, très clairement de ces encore actuelles abominations. Les véganes trouveront ainsi des émissions qui ne les feront pas grincer des dents et les omnis seront amenés en douceur vers une autre réflexion, une autre éthique.

Nous avons reçu un super joli message d’une personne qui disait vouloir se mettre à la nourriture végane, car les lieux qu’on lui faisait découvrir dans les vidéos lui donnaient envie. Et également que l’alimentation proposée paraissait simple et pas insurmontable à réaliser. Gagné ! Alors, merci à Eva Bravo !  Et  « My Vg’Tables by Eva B » #MYVGTBEB ! Pour ses conseils et astuces alimentaires. Vous la retrouverez bientôt derrière les fourneaux. Elle nous entraîne dans des restaurants, salons de thé, épiceries à Paris, en dehors de la capitale, de la France, de l’Europe… de la planète ! Pour découvrir cette gastronomie « cruelty free » de façon ludique et pragmatique.

Il y a de la psycho avec Christiane Deniaux et ses pastilles « Ca Va La Tête » #CVLT. Elle apporte un éclairage sur le conditionnement auquel nous sommes soumis dès l’enfance et répond également aux questions de nos abonnés sur des sujets divers comme la dépression, le burn out, les rêves…

Catherine Hélayel s’exprimera dans « Les Objections de Maître Hélayel » #LOMH dès le mois de mars au sujet des avancées de la cause animale, des incohérences qu’un animal peut subir lorsqu’il est né sauvage ou dit de labo, de compagnie… et également de nous, animal humain, lorsque nous sommes confrontés à une situation qui demande un éclairage juridique.

Au mois de juin/ juillet, une autre pastille doit voir le jour avec Eve Dufaud.

Et moi, ancienne journaliste, notamment spécialisée santé/beauté/bien-être, auteure de plusieurs livres dont celui qui est le tournant de mon rabibochage avec le sujet des secrets de beauté au naturel : « L’ivre de Beauté », Collection V. Vous pouvez me retrouver dans des vidéos au nom de Peau Lisse Secours #PLS. Je retourne donc à ces amours pour parler de toutes les astuces du monde en les véganisant parfois et également des marques de cosmétiques exclusivement veganes, of course… de toute façon, les autres n’existent plus, non ?

Il y a plein d’autres émissions dans les tuyaux. J’attends de rencontrer les perles rares pour qu’elles puissent les présenter. Ça couve gentiment. Il nous faut un peu de patience, car nous sommes encore très « Bebee » on fait tout en DIY, le temps de trouver le temps, le matériel, les finances pour concrétiser tout ça. D’ailleurs, si vous avez envie de nous soutenir, n’hésitez pas à liker, partager les vidéos et surtout à vous abonner à la chaîne et bientôt à notre site. Je croise les doigts…

Tu sors un livre cette année avec les éditions L’Âge d’Homme, dans la Collection V, on aimerait bien en savoir plus !

Je suis très, mais alors très heureuse de cette collaboration. Mis à part le fait que les équipes de la collection sont juste géniales de gentillesse et de professionnalisme, je peux de nouveau m’épanouir dans mes tambouilles à bouille et cela grâce à Andonia. En effet, lorsque je suis devenue végane, j’ai perdu pas mal, pour ne pas dire tous mes repères. J’ai dû réapprendre à manger, à m’habiller, à parler… et c’est comme si le fait de me remettre aux recettes de grands-mères était un effort insurmontable. C’est vraiment grâce à cette éditrice que le challenge de véganiser les astuces est venu me titiller. Je me suis donc remise à mes recherches et mes tests, au début avec circonspection puis avec intérêt et ensuite avec plaisir. A tel point que j’ai eu envie de partager mes découvertes via des vidéos.

Reprendre mon travail de journaliste et de patouilleuse pour partager en plus des livres mes petites astuces, découvertes et pourquoi pas créer ma propre ligne de produits totalement naturels ET véganes, si besoin de le spécifier. Ce qui est absolument génial, c’est que les produits animaux que je remplace par des végétaux et autres produits vivants apportent soit un plus soit sont plus performants. Joie ! Joie ! Joie… que d’aller de découverte en découverte. Exemple flagrant : le laitage de pauvre vache qui caille sur la peau a une odeur absolument vomitive alors qu’un yaourt de soja qui sèche n’entraine aucun haut le cœur pour un résultat similaire, sans compter que l’action réalisée est sans souffrance.

On croit savoir que tu as d’autres projets en lien avec le véganisme, quels sont-ils ?

Je n’ai que ça. Je n’arrive plus à imaginer mon métier sans servir de grain de sable. Je ne peux m’imaginer retourner dans un monde désuet où on abuse l’autre. Je souhaite vraiment développer notre chaîne YouTube. Qu’elle rencontre sa communauté de webspectateurs pour continuer dans le domaine de l’infotainement. Il y a deux autres émissions qui vont naître. Une sur les lois, le juridique, comme je le disais, et une autre sur le voyage et le monde végane à l’étranger. J’ai très envie de lancer très vite de l’info. Celle des bonnes nouvelles, celle qui nous fait croire encore en nous, l’humain. Si les gens voyaient comme ils sont précieux. S’ils percevaient combien ils sont la solution pour un monde meilleur. Pour cela, il faut que je trouve la/le journaliste qui pourra présenter cette émission. Pour l’instant, elle est au chaud, comme les autres.

Je souhaite mettre en avant des  personnes pour en inspirer d’autres afin de créer un cercle vertueux. Montrer que des gens comme toi et moi peuvent faire bouger les lignes. Il y a les activistes, mais aussi les next door. Je pense à Andonia, l’éditrice de la Collection V qui, en plus de me réveiller aux secrets de grands-mères, m’a confortée dans une de mes envies. En effet, elle se rémunère au même salaire que les personnes de son équipe. Chose qui me trotte dans la tête depuis le début en me demandant si cela est jouable. Grâce à elle, c’est aujourd’hui dans les starters de Bebee. De la/le youtubeuse à l’ homme/la femme de ménage, le même taux horaire est prévu. J’avais cette idée en moi et de lire ce genre d’information m’a confortée et renforcée dans le bien fondé et la possibilité de mettre cela en place.

Un petit plan beauté en exclusivité pour Veggiebulle ?

Oulà, un petit plan… Je suis plutôt prolixe en la matière. Je suis très beurre de karité en ce moment et huile de monoï. J’ai des marottes comme ça. Il y en a qui passent, d’autres qui reviennent et celles qui sont toujours là. Depuis des années, c’est le Furo yuzu. Furo veut dire bain en japonais et yuzu, c’est un fruit. Un vrai condensé de vitamine C. Pendant le solstice d’hiver, les habitants du pays du soleil levant prennent ce bain prophylaxique. En plus de desquamer votre peau et la rendre toute douce, ce bain prévient des petits coups de mou et autres fatigues du quotidien. Pour ne pas se casser la tête à chercher un yuzu sous nos latitudes, il suffit de le remplacer par un citron ou deux, une orange et un demi pamplemousse.

Faites couler un bon bain, bien chaud, et plongez vos fruits coupés en morceaux dans l’eau. Immergez-vous dans ce paradis d’agrumes. Vous allez apprécier toutes les fragrances qui se dégagent dans la salle de bains. Et restez plongé(e) jusqu’aux épaules pendant 20 minutes. Des picotis vont parcourir votre corps, car l’acide des fruits va jouer son rôle gommant. Si vous ne supportez pas ce peeling, n’attendez pas les 20 minutes, sortez avant de votre bain. Aimant barboter, je presse mes fruits à la main, plonge mes doigts dans les chairs, gratouille avec mes ongles… C’est le top ! Attention, lorsque vous viderez votre eau, vous risquez de tout boucher si vous n’ôtez pas préalablement les « déchets ». Si vous êtes plus minutieux que moi, utilisez un pochon pour enfermer vos fruits et les presser sans que la pulpe ne parte dans tous les sens et ne s’accroche aux parois de votre baignoire. Et si vous êtes radin et que vous trouvez que ce n’est pas bien d’utiliser des fruits pour votre bain, gardez la peau de vos agrumes et réalisez un bain d’écorces. C’est l’origine de toutes les prolifiques huiles essentielles. Evidemment, il est impératif de choisir des fruits non traités. Un homme/une femme averti(e) en vaut deux.

Comme je donne cette recette à qui veut bien l’entendre et à qui me demande un secret, je vais te donner une vraie nouveauté 😉 Les mains et les pieds ont besoin de se faire pouponner, car les unes sont exposées aux agressions extérieures et les autres sont enfermés la plupart du temps. Pour que vos extrémités soient douces et joliment choyées, n’hésitez pas à leur prodiguer une fois par semaine un gommage. Pour ce faire, il vous faut une huile (celle que vous avez dans votre placard olive, carotte, coco… ), vous additionnez une petite cuillère de votre huile à une autre de sirop d’agave. Voilà l’exclusivité ! Lorsque vous prenez un verre à l’extérieur, prenez les petites dosettes de sucre. En effet, une dosette = une dose pour se gommer les mains. Si vous souhaitez faire profiter vos pieds de ce soin, doublez les doses. Alors oui, je prends les dosettes de mes copines et les miennes, pas tout le pot, on est d’accord, parce que je n’utilise plus/pas de sucre blanc dans mon alimentation et les grains de ce sucre sont parfaitement abrasifs pour la peau de nos extrémités. Durs et fins à la fois, parfaits pour ôter les petites peaux mortes. L’huile et le sirop vont nourrir et repulper les chairs. Vous allez adorer ce petit massage, parole de patouilleuse paresseuse. En effet, j’adore lorsque c’est simple à faire et que le résultat est là, presque sans attendre.

Retrouvez Céline sur Facebook : https://www.facebook.com/Mes-Secrets-De-beauté-Au-Naturel-Céline-Naissant-347577931073/

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